Présentation
Après la réélection de Chávez à la présidence fin 2006, les événements s’accélèrent au Venezuela. Sous la pression d’un mouvement de masse extrêmement puissant, le gouvernement a pris et prévoit des mesures qui, sans modifier la nature capitaliste de l’économie, limitent et encadrent la liberté d’action du grand patronat. Le débat sur « le socialisme du 21ème siècle », que Chávez et son régime affirment vouloir construire, se développe dans toute la société.
Dans le même temps, une couche bureaucratique privilégiée croît rapidement à l’abri des structures de l’Etat. En lien avec une néobourgeoisie « bolivarienne », elle défend ses intérêts propres en s’opposant de plus en plus fréquemment aux travailleurs qui, de leur côté, commencent à remettre en cause la propriété privée capitaliste.
Les trotskystes interviennent dans le processus révolutionnaire et jouent un rôle de premier plan au sein du mouvement ouvrier, à la direction du courant classiste, unitaire, révolutionnaire et autonome (CCURA). Ce courant est majoritaire dans l’UNT (Union nationale de travailleurs), la nouvelle centrale syndicale indépendante et de classe, mais, de ce fait même, il se trouve en butte aux attaques du pouvoir et de ses relais bureaucratiques dans le mouvement syndical.
Les premiers textes de ce dossier sont des traductions présentant les positions de la principale tendance marxiste révolutionnaire au Venezuela, qui s’est regroupée autour du journal « Marea clasista y socialista » (« La Marée classiste et socialiste ») et a décidé d’entre dans le PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela, le nouveau parti en cours de formation lancé à l’appel de Chávez) pour y défendre ses orientations.
Dans « La croisé des chemins de la révolution bolivarienne », article écrit pour le numéro 2 (août 2007) de la revue internationale Revista de América1, Stalin Pérez Borge, Sergio García et Vilma Vivas dressent un panorama général de la situation actuelle et de ses enjeux.
« Le PSUV et la révolution vénézuélienne » a été écrit il y a quelques mois pour le journal du MST argentin (Alternativa Socialista, n° 453 du 23 mai 2007), afin d’y présenter les raisons pour lesquelles ces camarades ont décidé d’entrer dans le PSUV, le projet politique qu’ils entendent y défendre, et les débats que cette question a suscitée au sein de la gauche révolutionnaire.
Quant à l’éditorial du numéro 1 (27 juin 2007) du journal Marea Clasista y Socialista (dont trois numéros étaient parus au moment d’éditer ce bulletin), il nous semble synthétiser utilement la politique de ce courant telle qu’elle est développée à une échelle de masse.
Enfin, nous concluons ce dossier par un texte (« Chávez, ‘‘incarnation de la révolution socialiste’’ ? Une réponse au camarade Piper ») de notre responsabilité, qui répond aux positions, à nos yeux très étonnantes, développées par un membre britannique de la IV° Internationale dans International Viewpoint et Inprecor.
1 www.reagrupamerica.org. Revue publiée par un regroupement d’organisations et courants latino-américains dont font notamment partie, outre ces camarades au Venezuela, le MST (Mouvement socialiste des travailleurs) d’Argentine et le MES (Mouvement de gauche socialiste) du Brésil. Le MST (www.mst.org.ar) est la principale organisation trotskyste en Argentine et le MES du Brésil (www.esquerdasocialista.org) la plus forte tendance interne du PSOL (voir, dans Avanti ! n° 43, l’article « Des enjeux décisifs dans le premier congrès du PSOL »).