Bolivie
Un an de gouvernement d’Evo Morales
Evo Morales s’est installé à la présidence il y a un an, après avoir obtenu un pourcentage de voix jamais vu dans l’histoire de la Bolivie. Dans son discours d’investiture, il affirmait que son programme de gouvernement serait celui du « Pacte pour la souveraineté et la dignité populaire », qu’il avait signé le 9 mars 2005 en tant que dirigeant du MAS, avec un grand nombre d’organisations ouvrières et populaires : en particulier, la nationalisation des ressources naturelles, l’assemblée constituante et une réforme agraire éliminant le latifundium.
La nationalisation des hydrocarbures
Le 1er mai 2006, Morales faisait occuper militairement le plus grand gisement d’hydrocarbures du pays (entre les mains de Petrobras, la compagnie contrôlée par l’Etat brésilien) et annonçait que le gaz et le pétrole devenaient désormais propriété du peuple. Nous avions alors exprimé certains doutes sur le contenu réel d’une telle annonce1.
Huit mois plus tard, les multinationales qui avaient menacé d’engager des procès et de quitter le pays ont toutes signé de nouveaux contrats. Pourquoi ? L’article 30 de la loi qui était en vigueur avant la nationalisation disposait que si les compagnies pétrolières n’effectuaient pas de nouveaux forages sur une période de cinq ans, les gisements qui leur étaient concédés repassaient entre les mains de l’Etat. Les cinquante audits commandés par le gouvernement ont montré que pratiquement aucune des entreprises concessionnaires n’avait respecté la loi. Ainsi la seule loi en vigueur précédemment aurait-elle permis à Morales de récupérer immédiatement, sans nécessiter de décret présidentiel ou de loi de nationalisation, 60 % des réserves de gaz et de pétrole.
L’autre question est de savoir si la loi approuvée par le décret suprême du 1er mai était celle que le peuple bolivien voulait. Les masses s’étaient mobilisées tout au long de l’année 2005 et avaient fait tomber le président Carlos Mesa pour empêcher l’application de la loi 3058 sur les concessions pétrolières. A ce moment-là, Andrés Soliz Rada – devenu ensuite ministre des hydrocarbures de Morales – affirmait que « la loi 3058 a un caractère de bradage antinational encore plus affirmé que la loi précédente, approuvée par l’ancien président Gonzalo Sanchez de Lozada »2. Or c’est cette même loi que le décret suprême a ratifiée. Elle « blanchit » donc le vol des hydrocarbures boliviens perpétré depuis le milieu des années 1990 par Repsol, Petrobras, Total, British Petroleum, Amoco & PanAmerican Energy, British Gas, Exxon, Enron, Shell, Pluspetrol, Vintage et d’autres encore. De plus, l’Etat bolivien perd toute possibilité de récupérer ses réserves de gaz et de pétrole, les secondes plus importantes en Amérique Latine.
Mais cela ne suffisait pas encore pour le gouvernement brésilien. En septembre 2006, Andrés Soliz Rada, ministre des hydrocarbures, commença à appliquer la nouvelle loi. A travers elle, l’Etat bolivien récupère la moitié plus une des actions des raffineries, majoritairement entre les mains de Petrobras. Soliz Rada ignorait que Morales avait passé un accord avec Lula, s’engageant à ne prendre aucune mesure susceptible de menacer sa réélection. La bourgeoisie brésilienne fit pression sur Lula et Soliz Rada dut démissionner.
Au cours de la réunion précédente du Mercosur (le marché commun sud-américain), Morales s’était plaint amèrement de ce que, tandis que l’Argentine payait 5 dollars par million de BTU (l’unité de vente de gaz) livré, le Brésil, à travers Petrobras, ne payait que 4 dollars pour les ventes faites à Sao Paulo et 1 dollar pour le gaz destiné à l’Etat amazonien de Matto Grosso. « Nous sommes un pays pauvre qui ne peut pas se payer le luxe de subventionner ses livraisons à une riche province brésilienne », affirma-t-il3. Mais il y est obligé parce que la bourgeoisie brésilienne contrôle 20 % du PIB et 40 % des exportations de la Bolivie.
Les ressources dont l’Etat bolivien était ainsi privé auraient permis de refaire fonctionner pleinement l’entreprise publique YPFB (Gisements pétrolifères de Bolivie) qui, selon la loi de nationalisation, assume la propriété du gaz et du pétrole, définit les conditions, volumes et prix sur les marchés intérieur et extérieurs, et contrôle les processus d’industrialisation. Le décret suprême stipulait qu’YPFB devait être mise en fonctionnement à compter du 1er juillet 2006. Le 12 octobre, ce délai était repoussé à mars 2007 du fait du manque de ressources.
La nationalisation des mines
Evo Morales avait promis la nationalisation de l’industrie minière. Voyons les deux cas emblématiques de la privatisation d’El Mutun et des affrontements survenus à Huanuni entre mineurs coopérateurs – pro-privatisation – et mineurs d’Etat – pro-nationalisation –.
Morales a présenté la concession d’El Mutun (qui dispose des premières réserves de fer dans le monde ainsi que d’énormes quantités d’aluminium) à la multinationale indienne Jindal Steel & Power comme une très bonne affaire qui fera entrer chaque année 200 millions de dollars dans les caisses du Trésor national et aidera ainsi au développement industriel de la Bolivie.
Sous la pression de la bourgeoisie de Santa Cruz, le gouvernement a attribué la concession d’El Mutun selon les normes néolibérales établies par le code minier de 1997. Jindal extraira chaque année 50 millions de tonnes de fer, dont 95 % quitteront le pays à l’état brut. La Bolivie s’est engagée à construire un chemin de fer jusqu’au fleuve Paraguay, qui permettra l’acheminement vers le marché mondial à travers la voie fluviale Paraguay-Parana. Le gouvernement concède en outre 10 millions de mètres cubes de gaz par jour – soit deux tiers de plus de ce qui sera nécessaire pour l’industrialisation marginale qui sera mise en œuvre dans le pays – à la moitié du prix d’exportation vers l’Argentine, en autorisant Jindal à exporter le surplus.4
Il faut faire un peu d’histoire pour prendre toute la mesure de ce qui s’est passé à Huanuni. L’application des mesures néolibérales a divisé l’industrie minière en deux. D’un côté, les mineurs employés par l’entreprise minière publique COMIBOL et organisés dans la fédération des syndicats des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB)5. De l’autre, ceux qui se sont associés en coopératives, organisés dans la Fédération nationale des coopératives minières de Bolivie (FENCOMIN).
La majorité des mineurs fonctionnant en coopératives parvient à peine à subsister, sur la base de leur auto-exploitation et de celle de leurs familles, enfants inclus. Mais un secteur minoritaire gagne très bien sa vie après avoir engagé les plus pauvres en tant qu’« associés », auxquels ils ne paient qu’une petite partie du minerai extrait. Ces mineurs, à la différence de ceux qui travaillent pour la COMIBOL, ne disposent d’aucune protection salaire, d’aucun salaire fixe ni de prestations sociales. La direction de la FENCOMIN s’était alliée à tous les gouvernements néolibéraux. Pendant la dernière campagne électorale, Morales et le MAS s’étaient engagés à la représenter au gouvernement si elle leur accordait son soutien. C’est ainsi que Walter Villarroel, ancien président de la FENCOMIN et membre de la coopérative « La Salvadora » de Huanuni, a été nommé ministre des mines et de la métallurgie.
Dès l’installation du gouvernement Morales, les coopérateurs ont tenté d’imposer des contrats de joint venture (d’exploitation moyennant un partage des risques avec l’Etat et le versement de droits de faible montant) et de prendre le contrôle, y compris par la force, des mines exploitées par la COMIBOL, notamment à Huanuni, Caracollo, Barrosquira, Telamayu et Colquiri.6 Le 4 juillet 2006, une assemblée générale de la FSMTB décidait d’engager la lutte pour la nationalisation des mines sans indemnités et sous contrôle ouvrier, et pour le monopole de la COMIBOL sur l’exploitation minière du pays. Fin septembre, lorsque les mineurs de Huanuni et la paysans de la CSTUCB (la centrale paysanne majoritaire) bloquèrent les routes en défense des exigences de la FSMTB, et en y ajoutant la revendication de la création de 1.500 postes de travail publics dans les mines, le ministre des mines les traita de « provocateurs » et « trotskystes ».
Le 5 octobre, les mineurs de quatre coopératives de la FENCOMIN attaquèrent à coups d’armes à feu et de cartouches de dynamite les mineurs publics de la mine Posokoni, le plus grand gisement d’étain du monde, situé dans la localité de Huanuni. Cette mine est exploitée conjointement par l’Etat et les coopérateurs. Après deux jours d’affrontement ayant fait des dizaines de morts et de blessés, le combat s’étendit à toute la localité de Huanuni, avec la mise à feu d’habitations et des attaques contre les femmes et les enfants.
La FSTMB et la COB (Centrale ouvrière bolivienne, à laquelle la fédération des mineurs est affiliée) demandèrent à plusieurs reprises au gouvernement l’envoi de forces armées pour défendre les mineurs publics. Morales dépêcha finalement 700 policiers et reconnut que « nous n’avons pas tenu nos engagements envers le peuple bolivien en ce qui concerne les mines ».7 Les mineurs d’Etat posèrent comme condition à toute négociation la démission de Villarroel, qui fut alors remplacé par Guillermo Dalence Salinas, un ancien dirigeant de la FSTMB. Dans tout ce processus, il est clairement apparu que le gouvernement était divisé et que la solution, quelle qu’elle soit, ne résultera pas d’une simple négociation.
L’assemblée constituante
L’appel à une assemblée constituante « originaire », c’est-à-dire qui ait autorité sur les trois pouvoirs de la république bourgeoise (exécutif, législatif et judiciaire) et qui pose les bases d’une nouvelle société, a dès le début polarisé les attentes des masses boliviennes.
Le bilan ne peut être plus décevant, à commencer par la décision du gouvernement de ne pas autoriser les organisations du mouvement social à participer à l’élection des députés constituants. Cette mesure destinée à imposer le MAS comme seul canal d’expression de la gauche a empêché la participation des organisations populaires et interdit la présence dans cette instance des dirigeants des luttes de ces cinq dernières années. Elle a favorisé les partis de droite, qui étaient les seuls avec le MAS à pouvoir remplir les conditions légales pour présenter des candidats.
Le MAS a obtenu la majorité8, mais non les deux tiers nécessaires afin d’approuver une nouvelle constitution. Il en est résulté l’ouverture d’un nouveau champ d’affrontement, dans un cadre de total embourbement, aucune décision n’ayant pu être prise depuis l’ouverture de l’assemblée constituante le 6 août 2006. La population en est réduite à assister, impuissante et dans un état d’apathie croissante, à des débats dans lesquels les aspects formels portant sur les modalités de vote ont remplacé les questions de fond de quel type de société construire et comment y parvenir.
Cochabamba insurgée
Rien ne dépeint mieux la situation actuelle du gouvernement Morales que la crise de Cochabamba, où se combinent tous les problèmes actuels du pays : les luttes de masse, la crise de l’assemblée constituante et la question de l’autonomie.
Le 14 décembre dernier, le préfet de Cochabamba, Manfred Reyes Villa9, convoqua un « conseil ouvert » afin de discuter de l’autonomie de la région. Devant les 14.000 participants, il affirma que non seulement il soutenait l’« indépendance administrative » de Santa Cruz et du reste de la demi-lune (Tarija, Beni et Pando), mais qu’il récolterait des signatures en vue de convoquer à Cochabamba un nouveau référendum sur les autonomies départementales. cela, bien que lors du référendum national du 2 juillet 2006, le Non l’avait emporté avec 64 % des voix.
Les cocaleros (paysans producteurs de coca), le mouvement étudiant et les couches radicalisées de la périphérie de la ville se mobilisèrent immédiatement. Le 11 janvier, effrayé par l’ampleur de la mobilisation, Reyes Villa ordonna à la police de réprimer et arma des groupes d’extrême droite pro-autonomie pour attaquer les manifestants, qui eurent dans leurs rangs deux morts et des dizaines de blessés. Lorsqu’Alicia Muñoz, la ministre de l’intérieur, destitua le chef de la police de Cochabamba, celle-ci se rebella, en se retirant dans ses quartiers et en laissant le siège du gouvernement sans défense. Les cocaleros en profitèrent pour y mettre le feu, aux cris de « il faut s’emparer de la préfecture et chasser Reyes Villa ». Le préfet s’enfuit et se réfugia à Santa Cruz, qu’il refusa de quitter, en accusant le MAS de « coup d’Etat institutionnel ».
Devant le vide de pouvoir, les cocaleros et les secteurs populaires de Cochabamba occupèrent la ville et bloquèrent les routes, en dormant sur les places et dans les locaux syndicaux. Le 16 janvier, une immense assemblée populaire réunie sur la place centrale de Cochabamba vota la mise en place d’un gouvernement dirigé par Tiburcio Rada – ancien membre de l’armée guérillériste Tupak Katari – et intégrant trente représentants des syndicats et des organisations sociales représentatives. Evo Morales, qui craignait que cet exemple ne fasse école, refusa immédiatement de reconnaître le nouveau gouvernement départemental.
Soutenu par le reste du gouvernement national et la direction du MAS, il fit alors pression sur les dirigeants syndicaux et sociaux de Cochabamba (pour la plupart également membres du MAS) afin qu’ils fassent en sorte que le mandat populaire qui les avait investis reste sans objet. Avec succès : fin janvier, le gouvernement insurrectionnel n’avait de fait jamais fonctionné faute de participants, le vide de pouvoir demeurant total au niveau des autorités départementales. Une situation qui illustre au plus haut point la contradiction existant entre les aspirations de la base et la politique de ses directions.
Cependant, la contestation des pouvoirs établis s’étend. Ainsi, au même moment, les comités populaires (réunis dans la FEJUVE, Fédération des juntes vicinales) et la Centrale ouvrière régionale (affiliée à la COB) de El Alto, la grande ville-dortoir située aux abords de La Paz, avait adopté une déclaration enjoignant le préfet de La Paz, José Luis Paredes, qui soutient également l’autonomie, de démissionner sous un délai de 48 heures.
Un gouvernement de front populaire
Il y a un an, nous avions défini dans ces pages le gouvernement Morales comme un gouvernement de front populaire. On observe clairement, en son sein, deux tendances. Tandis que le vice-président Alvaro Garcia Linera, soutenus par les ministres « cruceños » (de Santa Cruz) qui avaient été imposés par les accords pré-électoraux, définit le projet en marche comme « un capitalisme avec des règles claires, de production, d’investissement et d’attachement à son pays »10, Morales menace de nationaliser les entreprises privatisées pour lesquelles des cas de corruption ou de sous-investissement seraient avérés.
Dans le cadre d’un processus en zigzags, les concessions envers la bourgeoisie bolivienne et l’impérialisme (pas seulement US et occidental, mais aussi le sous-impérialisme continental brésilien) succèdent aux concessions faites devant le mouvement populaire mobilisé. Les prises de position du ministre des mines contre les mineurs publics et les paysans de Huanuni ont, grâce à leur lutte, débouché sur sa destitution. Le ministre des hydrocarbures qui avait osé appliquer la loi de nationalisation a été contraint de démissionner sous la pression de Lula et de la bourgeoisie brésilienne, bien qu’au même moment Morales protestait contre le Brésil devant le Mercosur.
Le gouvernement n’est pas parvenu à stabiliser le pays sur le plan institutionnel. Si Morales a réussi à marginaliser politiquement les mouvements sociaux, il n’a pas pu empêcher le processus d’auto-organisation de masse de se poursuivre, et son projet consistant à canaliser les conflits contre les gouvernements locaux à travers une procédure de référendum révocatoire court le risque de ne pas être acceptée par le Congrès.
Comme fruit de la mobilisation du mouvement populaire, les impôts acquittés par les compagnies pétrolières et la hausse du prix des matières premières sur les marchés internationaux sont maintenant utilisés pour financer des plans d’alphabétisation, de confection gratuite de cartes d’identité, d’équipement en tracteurs, de remise de bons de lutte contre la désertion scolaire11, ainsi que la présence des 2.000 médecins cubains. Mais les pressions de la bourgeoisie « camba » (de Santa Cruz et de la « demi-lune »), avec ses menaces de sécession et de guerre civile, se font également sentir, comme l’a démontré la paralysie du gouvernement devant les attaques des coopérateurs miniers qui ont conduit à la tragédie de Huanuni.
Il y a plus de cinquante ans, les masses boliviennes ont réalisé la première révolution ouvrière du continent latino-américain, pour finalement, dans un processus que l’on a vu se répéter maintes fois, remettre le pouvoir entre les mains de la bourgeoisie. L’immaturité politique du mouvement syndical et social – capable de paralyser des régions entières, mais pas encore de postuler au pouvoir à l’échelle nationale – rend pour l’instant impossible la formation d’un parti révolutionnaire à influence de masse. Celui-ci ne pourra surgir que d’une décantation des forces au sein du mouvement lui-même.
Toute la question est de savoir si le mouvement syndical et social bolivien sera à même de se doter d’une direction collective qui proposerait la seule issue possible à cet enchaînement de crises : un gouvernement ouvrier, paysan et populaire ouvrant la voie au socialisme.
Virginia de la Siega
1 « Nationalisation des hydrocarbures… plus ou moins », Avanti ! n° 34, mai 2006.
2 « Bolivie : on efface tout et on repart à zéro avec les multinationales », www.econoticiasbolivia.com.
3 Clarin, Buenos Aires, 21/01/2007 (www.clarin.com).
4 « Le bradage d’El Mutun : qui festoie ? », CEDLA (Centre d’étude pour le développement du travail et agraire), 2006, www.bolpress.com.
5 L’un des syndicats les plus révolutionnaires du 20° siècle, la FSTMB a été au cœur de la révolution bolivienne de 1952.
6 Voir « Bolivia – Evismo: Reform? Revolution? Counter-revolution? » dans International Viewpoint Online d’octobre 2006 (www.internationalviewpoint.org). Ce travail (uniquement disponible en anglais) très informé et documenté de Jeffery R. Webber, un membre du New Socialist Group du Canada, tranche heureusement avec les comptes-rendus apologétiques du gouvernement Morales que l’on trouve dans Rouge et Inprecor sous la plume d’Hervé do Alto.
Il nous faudra revenir quant au fond sur cette nouvelle mode « postmoderne » qui conduit à estimer que dans les conditions de la mondialisation capitaliste après la chute du Mur de Berlin et la fin de l’URSS, les catégories marxistes seraient devenues inopérantes pour analyser la lutte des classes en Bolivie, le gouvernement Morales et le MAS ne faisant qu’exprimer la situation du mouvement social avec ses acquis, limites et contradictions. Certes, les situations et les dynamiques sont très différentes, mais n’avait-on pas entendu un peu la même chose s’agissant du Brésil ?
7 Idem.
8 Avec 50,7 % des voix. Il l’a emporté dans les départements (régions, disposant de pouvoirs comparables à ceux d’Etats fédérés) de Chuquisaca, La Paz, Cochabamba, Oruro et Potosi (au centre, ouest et sud-ouest du pays) et a perdu à Tarija, Santa Cruz, Beni et Pando, dans la plus prospère « demi-lune » qui revendique l’autonomie, c’est-à-dire le droit pour la bourgeoisie « camba » de contrôler ses ressources naturelles – gaz et terres fertiles. La droite a remporté 39 % des voix, ce qui lui suffit pour opposer son veto à tout changement proposé par le MAS puisque les décisions doivent être prises à une majorité des deux tiers.
9 Manfred Reyes Villa avait été élu préfet (gouverneur du département) de Cochabamba en décembre 2005 avec 57 % des voix, bien qu’il soit un ex-capitaine de l’armée ayant des comptes à solder avec la justice pour ses agissements sous l’une des dictatures militaires et du fait d’accusations de détournement de fonds publics au cours d’un mandat précédent.
10 Clarin, Buenos Aires, 23/01/2007.
11 Les parents de 1.200.000 enfants de l’école primaire recevront 200 bolivianos (34 euros) par an pour les envoyer à l’école. A cette fin, YPFB a transféré 31 millions de dollars au ministère de l’éducation.